Une veste en daim

Ivan Antonov, jeune professeur de linguistique, vient de s’acheter une veste en daim. Mais la matière étant d’une qualité médiocre, car mal travaillée, il y a partout des poils qui restent. C’est pourquoi il décide de les tondre. Mais la seule personne qui est d’accord pour le faire est le tondeur du village. Cependant il est obligé d’observer la loi à la ligne. Et comme celle-ci ne lui donne pas explicitement le droit de tondre des vestes, il fait passer la veste d’Antonov pour un mouton personnel. C’est de cette manière que la veste se retrouve, en tant que mouton, dans les registres d’État. Dans une rubrique spéciale, il est marqué que le linguiste l’élève dans sa baignoire, car c’est son animal domestique. D’où s’ensuit la logique de l’absurde – comme la veste est présentée dans les registres en tant que mouton, son propriétaire doit payer une taxe au fisc. Et comme il s’avère impossible de convaincre le Fonctionnaire qu’une veste est une veste et non pas un mouton, alors la machine bureaucratique se paye la tête de son propriétaire, suivant toutes les règles. Et puisque de toute façon il est enregistré comme propriétaire de mouton, le seul compromis que le Fonctionnaire lui propose est de s’en acheter vraiment un... Peu à peu, il est délaissé par les amis avec lesquels il est allé dans le bureau du fisc, plein de portes ne menant nulle part et de couloirs emmurés. Antonov, qui est obligé de parcourir tout ce labyrinthe bureaucratique et infernal, qui est également celui de l’indifférence, finit par mener paître sa veste en daim dans le petit parc devant l’Université.

Spectacles choisis
Traductions choisies
Dramaten, Stockholm, Suède. Mise en scène Barbro Larsson.
Théâtre national, Lattaquié, Syrie. Mise en scène Salman Sheriba.
DMS Productions, New York City, États-Unis. Mise en scène Stefano Genovese et Maria Riboli.
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